La sauvagerie se répand, les sauvages se répondent, et voilà les artistes sommés de mêler leurs voix au concert des ignominies, en bord de scène, à la manière d’un choeur antique. Mais ils se taisent. Leur silence est assourdissant, selon le cliché en vigueur. Si seulement. C’est leur dernier espoir, que leur mutisme serve d’exemple, donne un peu d’espoir, rassure, fasse refuge, devienne comme une force, un poids. Le beau, le majestueux silence des artistes. L’antidote au poison des opinions. Un silence qui échapperait même au concept de non-violence, et dont personne ne pourrait se revendiquer. Un silence inapproprié, asocial, scandaleux, résistant, obstiné, courageux. Le silence de ceux qui continuent de peindre, de chanter, d’écrire, le silence qui se faufile entre les haines, les insultes, les menaces. Le silence des…
