De la première fois où il a mis les pieds dans un hippodrome de la région parisienne, Bruno Charoy a conservé en mémoire une image figée. C’était il y a vingt ans, peut-être plus, il accompagnait un copain turfiste. « J’ai été littéralement saisi par cet univers », se souvient-il. Les chevaux bien sûr, athlètes sublimes, les jockeys bariolés ou crottés et ce ballet de lads autour d’eux et des montures, les propriétaires, les entraîneurs, les vétérinaires, et surtout cette ambiance, ce même espoir fiévreux, partagé par tous au moment du départ, d’empocher le pactole, puis, dès la ligne d’arrivée franchie, la liesse de ceux qui ont misé sur le bon cheval, la détresse des autres, errant hagards, un ticket perdant entre les doigts jaunis de nicotine. La fortune ou…